GORTAIS Jean, Tàijí quán

Extrait de GORTAIS Jean, Tàijí quán, éd. Le Courrier du Livre, 2009, chapitre Les bases de la pratique, sous-chapitre Méditation et respiration, p. 78-81.

« […] L’exercice de Tàijí quán est bienfaisant et enrichit le souffle. Quand le souffle est plein, le sang est abondant ; quand le sang est abondant, le corps est fort. Si le corps est fort, l’intention est ferme. Quand l’intention est ferme, le corps est vigoureux. Cette vigueur produit la longévité et l’on peut devenir expert. On confond souvent l’intention avec le cœur ou le cœur avec l’intention, mais ils sont différents. Le cœur est le maître de l’intention et l’intention est l’auxiliaire du cœur.

Quand le cœur se met en mouvement, l’intention commence. Quand l’intention commence, le souffle la suit. Autrement dit ces trois éléments, le cœur, l’intention et le souffle, sont en interaction. Quand le cœur est dispersé, l’intention est en désordre. Quand l’intention n’est pas concentrée, le souffle est flottant. Au contraire, quand le souffle s’enfonce, l’intention est ferme. Quand l’intention est ferme, le cœur est stable. C’est pourquoi ces trois éléments s’emploient mutuellement et se trouvent dans une relation inséparable. Quand le souffle circule naturellement, il peut active le sang et en même temps animer l’esprit. »

Jean GORTAIS, Tàijí quán, éd. Le Courrier du Livre, 2009, chapitre Les bases de la pratique, sous-chapitre L’intention et le souffle, p. 77-78.

« Le Tàijí ne contient que vide et plein, ouverture et fermeture, afin de régulariser la respiration. La meilleure façon est d’exercer tout le corps de façon uniforme et dans la lenteur. Par l’uniformité et la lenteur on peut respirer naturellement et profondément. Aussi est-il possible de se reposer sans peine dans ce rythme (…) Le Tàijí développe tout le corps uniformément sans accentuer aucun point. C’est pourquoi cet exercice permet d’éviter la maladie et d’obtenir la longévité. la où le mouvement est lent se trouve la chambre vide. Mouvement et lenteur correspondent à la pratique. Dans le Tàijí, on dit : quand on détend entièrement le ventre, le souffle tourbillonne. Le mouvement dans la lenteur détend complètement le ventre et le souffle peut descendre naturellement dans le Dāntián. Aussi ceux qui emploient la force ne peuvent-ils atteindre un état confortable et naturel, ni découvrir les bienfaits du Tàijí. Extérieurement ils en ont l’apparence, mais l’intention est absente (…)

Si on veut pratiquer l’assise [la méditation assise] sans recevoir d’enseignement verbal, il est nécessaire de pratiquer selon la méthode de Tàijí quán. On s’assied à la manière du Yoga, mais il faut avoir la sensation d’une énergie qui pousse vers le haut depuis la tête ; le coccyx se trouve au juste milieu ; les deux yeux sont mi-clos, les deux mains reposent l’une sur l’autre devant le Dāntián. Sans voir ni entendre, laisser la lumière intérieure se refléter et prêter attention aux cinq voleurs afin d’éviter d’être volé. Attention aux yeux : si les yeux ne voient pas l’extérieur, l’énergie retourne au foie. Attention aux oreilles : si les oreilles n’entendent pas, l’essence retourne aux reins. Attention à la bouche : si on se tait, l’esprit retourne au cœur. Attention au nez : si on ne sent pas au-dehors, la vigueur retourne aux poumons. Attention à l’attention : si on n’est pas distrait, l’intention retourne au pancréas. L’âme, l’essence, l’esprit, la vigueur, l’intention correspondent au foie, aux reins, au cœur, aux poumons et au pancréas. Cela correspond aux cinq éléments. le métal est en relation avec les poumons ; le bois est en relation avec le foie ; l’eau est en relation avec les reins ; le feu est en relation avec le cœur ; la terre est e relation avec le pancréas. Si les oreilles, les yeux, la bouche, le nez, l’intention retournent à leur source, on peut se voir soi-même et l’esprit s’éclaire naturellement ; un sentiment particulier apparaît différent de ce qu’on sent naturellement (…)

Question (de CHÉN WÉIMÍNG) : Est-il possible de pratiquer le Tàijí quán à la place de l’assise ?

Réponse (de YÁNG CHÉNGFŬ) : Pourquoi pas ! Il est difficile d’écarter l’agitation des pensées dans la pratique de l’assise, mais dans l’exercice du Tàijí quán, il est possible de se concentrer sur le mouvement et on oublie naturellement les autres choses. Quand le cœur est calme et le souffle silencieux, on oublie l’autre et soi-même. C’est un état merveilleux où le corps éprouve la paix (…) »

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